Conférence : Ecrire en français, des héritages et des possibles, Abdellah Baïda

le  25 novembre 2026
Cette conférence propose une réflexion en deux temps sur le rapport à la langue française dans la littérature marocaine.
Le premier moment retrace brièvement l'histoire de l'entrée du français dans le champ littéraire marocain, ainsi que les réactions contrastées, entre adoption, résistance et négociation, que cette langue a suscitées chez les écrivains marocains successifs, dans un contexte marqué par l'héritage colonial et la construction d'une identité littéraire nationale plurilingue.

Le second moment se recentre sur la nouvelle génération d'écrivains, dont l'intervenant fait lui-même partie, et qui entretient avec le français un rapport sensiblement différent de celui de ses aînés. Il s'agira d'interroger, à partir d'une expérience d'écriture personnelle, ce que signifie aujourd'hui écrire en français au Maroc — non plus comme une langue héritée du seul fait colonial, mais comme un espace de création parmi d'autres, en dialogue constant avec les autres langues qui traversent l'auteur : l'amazigh, l'arabe et la darija.

L'intervention explorera ainsi comment ce plurilinguisme intime infuse la texture même des textes, entre héritage à assumer et possibles à inventer.
 
Abdellah Baïda Abdellah Baïda est écrivain et professeur de littérature française et francophone à l'Université Mohammed V de Rabat. Son œuvre romanesque, riche de six titres, Le Dernier Salto (2014), Nom d'un chien (2016), Testament d'un livre (2018), L'irrésistible appel de Mozart (2022), Sacré personnage (2024) et Mon Royaume pour un crématorium (2026), interroge sans relâche les questions de liberté individuelle, d'identité et d'appartenance, dans une langue française vécue comme espace de création et de dialogue entre les cultures.
Cette œuvre s'accompagne d'un recueil de nouvelles, Les Djellabas vertes se suicident (2020), ainsi que de quelques essais critiques dont Au fil des livres, chroniques de littérature marocaine de langue française (2011), qui témoigne de son regard de chercheur sur les écritures francophones du Maroc et vient éclairer, en retour, sa propre pratique de la langue française comme espace de création.
 
Publié le  18 septembre 2026
Mis à jour le  24 septembre 2026